Imaginaire

Le poète et son tableau

 

 

Entre les pages du grand livre de l’art

sommeille une ribambelle de fleurs

elles attendent impatiente de montrer leurs couleurs

dansant  avec le soleil elles jouent à colin-maillard.

 

Dans le parc une fontaine ornée d’un Cupidon

tient dans ses bras un dauphin

tous sont sous le regard bienveillant des séraphins

et veillant tout le monde voici  Poséïdon

 

Ce jardin ressemble à une riante prairie

semées de fleurs printanières

boutons- d’or, pensées, primevères

composent un tableau de pierreries.

 

Le peintre s’est attardé à chacun des détails

est-ce du fauvisme? Ou de Monsieur Matisse

qu’importe c’est un tableau en esquisse

personne ne m’accuse et me livre bataille.

 

 

J’ai imaginé ce tableau mais ne pouvant le peindre je vous l’ai écrit…

 

Ce 15 mai 2012 au bord de mon canal

 

EvaJoe

Nouveau départ (dernière partie)

 

 

Lorsque le mécanisme du mur cède sous la poussée de Mathias cela réveille Emma et quelle n’est pas sa stupéfaction
de découvrir de l’autre côté un petit appartement bien aménagé, mais ce qui lui fait des yeux immenses c’est la présence dans celui-ci de la fausse Irma et de sa petite fille en
larmes.

Mathias, quand à lui et en présence de la petite fille contient sa colère, Anne, la fausse Irma va coucher la
petite fille et elle revient, et là Mathias lui file une gifle et lui demande la raison de sa présence ici et aussi pourquoi elle a voulu intimider Emma. Il y a tout d’abord un grand silence que
ni Emma, ni Mathias n’interrompent, c’est à Anne de s’expliquer, elle se tord les mains, baissent la tête, rougie et ne sait quoi leur dire. Aussi Emma qui ne comprend pas grand choses à cette
situation rocambolesque l’apostrophe vertement en lui demandant pourquoi elle lui a loué la maison si elle-même rêvait de l’habiter. Cela leur aurait évité à tous de se trouver dans une situation
pareille. Et comme Anne ne dit mots c’est à Mathias d’expliquer ce que lui a compris mais auparavant Emma aimerait bien voir apparaitre les escaliers, il lui semble être en prison, et elle n’a
pas vraiment envie de discuter de cette manière. Anne se rend dans l’espace grenier et déplace le tableau qui représente la maison dessinée par un enfant, derrière apparaît un mécanisme et les
escaliers sont à nouveau là. Emma est perplexe ce n’est pas Anne qui a installé ce mécanisme fort sophistiqué, les explications vont bientôt venir elle le sent. Mais il lui faut savoir ce qui lui
a valu cette animosité de la part de la jeune femme.

Ecoutez-moi Anne puisque vous n’êtes pas celle que vous prétendiez être, à part être une menteuse, fatiguée et
partant pour l’Afrique, petite fille de Madame Ferrière, sœur de Mathias et Dieu seul sait quoi ou qui…Pourquoi vous cachez vous ? Qui êtes-vous, allez parler, expliquez-vous, je ne vais pas
vous faire de mal, je suis seulement en colère, mais je suis d’un naturel calme et j’aime beaucoup résoudre les énigmes, celle-là me plaisait, mais si en plus vous pouvez tout m’expliquer cela me
va à ravir.

Ce n’est pas vous qui avez aménagés cette cachette, car c’est bien d’une cachette qu’il s’agit.

Oui, elle a servi à nos grands-parents pendant la dernière guerre, ils étaient juifs et Monsieur et Madame
Ferrière les ont cachés avec nos parents alors enfants. Ici dans la région il y a beaucoup de « Justes »

Alors si je vous suis bien, Mathias vous êtes bien son frère, pourquoi avoir nié cet
après-midi ?

Mais, Emma vous me parliez d’une jeune Irma, jamais je n’aurai pensé qu’Anne aurait osé prendre le prénom de Mme
Ferrière.

Pas du tout j’ai pris le prénom que Maman avait, au lieu de se nommer Sarah, on l’appelait Irma, c’est la seule
raison.

Vous m’expliquerez comment l’escalier s’escamote, mais auparavant il est cinq heure du matin, nous pourrions tous
dormir et se retrouver en bas vers 9 heures et autour d’un petit déjeuner vous me direz la raison qui vous a poussé à vouloir que je quitte cette maison en me faisant peur chaque
soir.

Mathias et Emma redescendirent les marches et en bas tout naturellement Emma l’invite à partager son lit, ils sont
liés par un pacte invisible et ils ont déjà passé la première partie de la nuit dans les bras l’un de l’autre. Puis, maintenant qu’elle sait ce qui s’est passé dans cette maison et la fatigue
retombant un peu elle a peur. Pourtant elle n’a plus rien à craindre il n’y avait rien de para normal même si il y a un mystère qu’Anne élucidera demain, vu que son frère n’est pas au courant il
va chercher à en savoir davantage.

Entre bavardage et amour, Emma a enfin réussis à s’endormir et quand elle ouvre les yeux, sa montre marque 13 h,
elle se lève d’un bond, Mathias est assis dans un des fauteuils du salon, il a sa nièce sur les genoux, il y a aussi les voisins pas sympa, Emma se demande ce qu’ils font chez elle. Quand à Anne
elle est en train de confectionner un repas pour tous. Elle pense que je lui pardonnerais davantage maugrée Emma ce qui fait sourire Mathias car il sait, elle lui la avoué cette nuit qu’elle ne
lui en veut pas, elle demande simplement une explication et si il faut laisser la maison elle le fera. D’ailleurs elle a peut-être trouvé une autre maison ce qui fait à nouveau sourire
Mathias.

Après le repas pris dans un silence religieux, les pas sympa qui sont
les parents d’Anne s’en vont avec leur petite fille pour laisser le champ libre à leurs enfants et tout particulièrement à Anne qui doit s’expliquer.

Depuis que maman et papa m’ont raconté leur histoire je n’ai eu de cesse
d’habiter dans leur cachette, mais la maison n’appartenait pas à mes parents mais à Mr et Mme Ferrière et pour y aller il fallait entrer par la porte d’entrée, c’est Mr Ferrière qu’il a conçu
d’après les plans d’un château et il a caché deux familles de Juifs pendant la guerre, nos grands-parents.

 Nos parents se sont fondu dans la famille Ferrière, ma mère plus
particulièrement était très choyée 
car Madame Ferrière n’avaient que des garçons elle la nommait ma petite Irma et mon père était âgé de
15ans n’est jamais sortis de cette cachette car il refusait de se faire appeler Gérard. Ils étaient arrivés fin 1942 et jusqu’à la libération ils sont restés chez les Ferrière sauf nos
grands-parents qui se sont fait raflés et qui ne sont jamais revenus, ils avaient voulu aller récupérer à Saint-Etienne des vêtements.

Nos parents se sont mariés en 1947 ils étaient tout jeune et ils ont décidés de partir dans le sud de la France ou
ils ont monté une petite affaire. Je n’aurai peut-être jamais connu Mr et Mme Ferrière si quelques mois avant sa mort, Mr Ferrière a été décoré pour ce qu’il avait fait pendant cette époque
trouble. Et, naturellement il a invité mes parents puisqu’ils avaient été sauvés par lui et sa femme. C’est à cette époque qu’il leur a offert la maison aux volets bleus ou ils habitent
maintenant.

Enfin je ne vais pas vous raconter les retrouvailles, la visite de la cachette, les pleurs et les embrassades, les
articles de journaux qui ont suivis ou ils décrivaient la cachette et son système ingénieux qui consistait à le fermer uniquement d’en haut et jamais d’en bas. Lorsque Mr Ferrière est décédé je
suis devenue la dame de compagnie de Madame Irma, je ne voulais pas des chambres des garçons mais j’avais obtenue de Mme Irma de dormir dans les appartements du haut. Puis les enfants ayant
décidé de mettre leur mère dans la résidence je me suis trouvée du jour au lendemain sans travail et sans appartement, mais comme j’avais une clef je venais à l’improviste ici avec ma fille et
cela aurai pu durer fort longtemps si le fils ainé n’avait pas décidé de louer la maison de sa mère, voir même de la vendre. Mais c’est impossible on ne peut pas vendre la maison ou nos parents
ont survécu. Il est fou, je me suis opposée à lui en lui rappelant que c’était aussi notre maison. Mais il n’a rien voulu entendre. Aussi j’ai décidé de pourrir la vie de tous ceux qui
viendraient et c’est ainsi que j’ai fait peur à un jeune couple il y a deux semaines et à vous, mais cette fois-ci je me suis heurtée à votre détermination et surtout vous êtes passionnés de
romans policiers, aussi cette nuit j’ai eu l’idée d’utiliser la deuxième cachette et de vous piégez dans le grenier mais mon frère vous accompagnait et c’était sans compter sur sa détermination.
Voilà je vous demande pardon et puissiez-vous me pardonner.

Êtes-vous la petite fille de Madame Irma ?

Non, mais pour elle je le suis car elle a élevé mes parents pendant trois ans, et maintenant elle regrette de ne
pas les avoir adopté à la fin de la guerre, mais mes parents lui ont toujours dit que les liens de l’amour était à leurs yeux aussi fort que les liens du sang, mais pour moi tout vient de
s’anéantir depuis que cette maison est en vente et que je n’ai même pas le droit de l’avoir.

Pourriez-vous la payer

Oui bien sur que je le peux 

Alors achetez là, je ne comprends pas pourquoi vous n’avez pas tenu tête à son fils aîné ou demander à celle que
vous aimez comme votre grand-mère de vous aider.

Vous ne seriez pas venu c’est ce que j’aurai fait.

Au lieu de ça vous avez cherché à me faire peur, c’était puéril, bien sûr pour l’instant une bille qui tombait
cela ne prêtait pas à conséquence mais je suppose que vous alliez amplifier ma peur.

Oui, j’avais tout prévu, il y a d’autres cachettes dans la maison, car souvent nos parents étaient en bas et par
deux fois il y a eu une descente de la milice car il y avait des soupçons sur les Ferrière  et ils ont cachés nos parents et leurs propres enfants dans le « cantou » et une autre
fois dans la maison pour les cochons.

Mais si j’habite ici vous irez ou et lorsqu’elle voit le beau sourire qui illumine le visage de Mathias et Emma,
elle comprend que ces deux-là se sont trouvés et qu’ils ne se quitteront jamais.

 

Fin

 

Quelques précisions

Le Pasteur André Trocmé, désigné Juste parmi les Nations en 1971, était dans le village du Chambon sur
Lignon tout près de Saint-Etienne, j’ai juste imaginé mon histoire pas très loin de ce village.

Pour en savoir davantage : http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/justes_chambon.htm

 

Quand au cantou, en Auvergne c’est la cheminée, pour en savoir davantage allez voir
ici
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cantou

 

J’espère que ceux qui espéraient y découvrir du para normal ne seront pas déçu, il est possible qu’à vos yeux il y
est des incohérences car c’était bien plus long et j’ai fait des grandes coupes…

 

Ecrit en avril au bord de mon canal..

 

EvaJoe

Pris au piège (4ème partie )

 

 

   Ecoutez, ne pleurez pas, allons sécher vos larmes, voulez-vous que nous rediscutions de tout cela
  devant un café ou un verre.

Pas maintenant

Passez me voir je ne bouge pas ces jours ci, j’ai tant de choses à faire.

D’accord, mais avant tout promettez moi de ne rien dire à Mathias.

Comment ça ? Il ne vous connaît
pas.

 

 

Au moment où elle pense qu’elle va lui répondre, la porte de l’appartement de Madame Ferrière s’ouvre, la petite
fille appelle sa maman et elles en restent là.

Absorbée par les derniers éléments en sa possession, Emma ne voit pas la petite twingo rouge qui arrive sur sa
droite et paf elle lui rentre dedans. Plus de peur que de mal, pas de constat, et elle repart en direction de sa maisonnette et de son énigme, elle espère que cette nuit elle en saura plus sur
ces drôles de bruit. Elle a beau ne pas avoir peur avouez que c’est tout de même étrange.

Dès qu’elle arrive elle va dans le couloir, entrouvre la porte du placard escalier, passe la main à l’intérieur et
cherche une ouverture quelconque qu’elle aurait enclenchée en refermant, elle ne trouve rien, elle a beau chercher pas de traces d’un linteau ou d’une ouverture. Elle est perplexe, elle va
appeler Colin et lui demander de passer demain matin, mais elle se souvient qu’ils viennent dimanche et d’ici là, elle aura résolu cette affaire.

Son repas prêt, elle l’avale rapidement et flâne dans le jardin, c’est un beau soir d’été, elle entend de la
musique chez Mathias et de l’autre côté des éclats de voix. Les pas content, elle rit dans son for intérieur en les nommant ainsi doivent faire une scène de ménage. Au même moment elle entend une
voiture ralentir dans la petite impasse, mais après plus rien. Elle n’y pense plus et rejoint l’intérieur de la maison car le temps fraîchit et elle a envie de dévorer son livre.

Quand elle se remémore ses derniers jours elle ne croyait pas se trouver à moins de 15 kms de Saint-Etienne et à
plus de 500 de Paris, au calme et surtout avoir trouvé si vite cette petite maison.

Au moment où elle franchit le seuil de
sa porte elle s’entend appeler, c’est Mathias que lui veux-t-il ?

 

Si     ça ne vous dérange pas j’ai apporté un matelas et un drap je pense passer la
nuit dans votre maison car je me demande ce que sont tous les bruits que vous avez entendu la nuit passée.

       Mais non, je vais bien m’en sortir seule, mais dans son for intérieur
elle se trouve rassurée.

Fi      Finalement vous avez raison, passons la nuit ensemble et devant l’incongruité
de cette phrase ils éclatent de rire.

Elle s’efface et le laisse entrer, il
est trop tôt pour aller dormir aussi l’emmène-t-elle vers son salon. D’un œil Mathias le trouve meublé avec gout, mais elle lui dit qu’ici peu de choses lui appartiennent. D’un commun accord ils
décident de ne pas se coucher et avec du café ils espèrent soutenir le siège. Cela fait deux bonnes heures qu’ils papotent comme les meilleurs amis du monde lorsque soudain le bruit de la veille
au soir se fait entendre, une bille qui descend des escaliers, Mathias plus rapide qu’Emma ouvre rapidement la porte du placard et oh surprise l’escalier est à nouveau là. Il monte doucement les
marches qui ne se dérobent pas sous ses pieds, Emma le suit. Les voici en haut, dans un premier temps ils ne voient rien, ils allument une lampe torche et ne voient absolument rien, à part un
collier dont les perles sont éparpillées sur le sol. Comment ce collier peut avoir atterris là se demandent Mathias ; il s’avance et ne voit que du bric à brac, une vieille poussette ou
dorment des poupées, un tracteur vert et sa remorque qui regorge de tout un tas de voitures, mais d’habitants ou de fantômes il n’y a rien. Tout ceci est vraiment étrange, surtout qu’en début de
matinée les escaliers eux aussi avaient disparus. Pris d’une idée subite, Mathias se retourne pousse la porte par laquelle ils sont montés et là les escaliers n’y sont
plus.

Un fou rire les prend tous les deux,
les voilà enfermés dans le grenier, il va leur falloir trouver le moyen de sortir sinon ils vont passer la nuit avec le joueur de perles.

Ils approchent d’une fenêtre en bon état comme si on venait de la poser récemment et ils voient par celle-là deux
personnes qui s’avancent dans le jardin. Mathias fronce les sourcils il lui semble que ce sont leurs voisins, mais que font-ils dans le jardin? Et, c’est à ce moment là qu’Emma lui demande si il
connaît la jeune Irma.

Décidément vous m’avez déjà demandé cela hier, je vous ai dit non, vous ne me croyez donc pas?

Bien sûr que si, mais cet après midi je l’ai vu chez Madame Ferrière et elle m’a dit que vous étiez son
frère.

Mathias éclate de rire dans un premier temps puis en se grattant le menton il se demande qui est cette femme,
c’est soi une menteuse, soi elle sait des choses que j’ignore. Et c’est bien ce que pense Emma, car en le regardant bien elle voit une ressemblance entre eux deux. Mais là n’est pas le moment de
s’attarder sur cet enigme, il leur faut trouver une porte de sortie si ils ne veulent pas  passer leur nuit à même le plancher.

Il est déjà 2heures du matin et chacun de leurs côtés ils ont cherché et rien, il n’y a rien à moins d’avoir
manqué une porte escamotée, ils n’ont pas trouvé un endroit pour appuyer tout aussi bien de prêt que de loin. Qui fait apparaître ses escaliers et de quelles manières les ont-ils fait
disparaître? Ils sont face à un placard et il n’y a aucun moyen de redescendre. Il est fort tard pour appeler Colin, aussi décident ils de s’allonger sur le matelas qu’ils ont découvert, mais
pour veiller cela va être difficile car le café est resté en bas.

Lorsque Mathias reprend conscience, Emma a posé sa tête sur son bras, il se souvient qu’ils ne voulaient pas
dormir ni l’un ni l’autre mais Emma avait les yeux pleins de sommeil et Mathias délicatement l’avait invité à se laisser aller et qu’il la réveillerait si il se passait quelques
choses
.Il consulte sa montre, il est plus de 4 heures du matin, le
ciel commence à pâlir et il vient de voir rentrer par la petite fenêtre deux oiseaux, il lui semble que ce sont deux chouettes hulottes ce qui résoudraient le problème de cette respiration, ce
doit être ces deux oiseaux mêlé à l’ouverture de la cheminée cela devait faire caisse de résonnance. Il se penche sur Emma pour la réveiller mais l’on dirait un bébé et il  préfère la
laisser dormir. Il la trouve fort belle et délicatement il lui caresse le visage et dépose sa tête sur le coussin le plus délicatement possible. Il se lève d’un bond et va à nouveau vers le
placard pour voir ce qui a pu leur échapper beaucoup plus tôt ; Il a autres choses à faire que de rester enfermer dans ce grenier même en si belle compagnie. Hier ils ont bloqué la porte
pour pouvoir vérifier si par un mécanisme étrange ces escaliers allaient revenir. Mais en pure perte car c’est toujours un placard. Il va falloir sérieusement réfléchir à la manière dont ils vont
pouvoir sortir. Possible qu’en passant par le toit et en s’accrochant aux chenaux il pourrait atteindre la terrasse de la chambre supérieure mais lui au vu de sa carrure ne se sent pas en état de
tenter cet escalade ; il ne sait pas si Emma est assez sportive pour le faire, et après ils seront séparés et il ne pourra pas mieux descendre, vraiment il est un tantinet désespéré. Appelé
les pompiers seraient encore plus ridicule, les maisons anciennes avec secrets n’existent plus. Il faut réfléchir, il y a forcément une solution. Il en est là de sa réflexion lorsqu’il entend
pleurer un enfant. Voilà autres choses, cet enfant est là tout prêt, il entend même sa mère le calmer et l’apaiser avec une chanson.

Il est sous le choc, on dirait la chanson que nous chantait notre grand-mère lorsque nous étions enfants. Il
s’approche de l’endroit où les pleurs de l’enfant se font plus fort, c’est là derrière ce paravent, il le pousse il éteint sa lampe torche et voit dans une légère fissure du mur, une lumière
assez blafarde. Et, il pèse de tout son poids sur cette brèche et le mur s’ouvre.

 

 

A suivre

 

 

Dans le chapître prochain, la fin ……

 

Irma (3ème partie)

 

 

 Quelques heures plus tard le carillon de la porte d’entrée sonne et personne bien entendu vient
ouvrir, Emma dort à poings fermés, c’est le facteur, il laisse un avis de passage et s’en va plus loin. Emma ne va émerger que vers dix heures. Le soleil est déjà bien haut et elle jure qu’elle
ne mettra plus ses boules sinon elle va jamais entende de réveil. Et prise d’un doute elle se rend dans le couloir pour voir cette fameuse porte, elle la pousse, elle résiste, la tire à
elle  et  il y a bien un placard. Oh là là cette nuit j’ai rêvé ou non. Mais comme elle adore les énigmes et les mystères la voici servis.

 Elle avale rapidement un bon café et sort par la porte fenêtre de son séjour, la voici dans le
jardin, elle s’y balade doucement, et voit un homme dans le jardin aux volets roses, tiens le vieil ours serait donc chez lui je vais en profiter pour lui rendre visite, si il me jette je verrais
bien, personne ne me résiste avec mon charmant sourire. Dans un premier temps elle s’approche de la haie et lui fait signe, si il regarde dans sa direction et bien il doit être aveuglé car il ne
lui répond pas, elle a beau insister et vraiment rien ne se passe aussi en est-elle quitte pour se rendre à son domicile. Mais elle a beau sonné, personne ne lui répond, aussi la voici entrant
comme une voleuse dans une propriété privée et elle s’approche à pas de loup quand brutalement on lui dit n’avancez plus sinon et elle de répondre vous n’allez pas me tirer dessus comme un
vulgaire lapin.

Je ne suis pas un rustre, Madame mais avouez que vous êtes en tort, on entre pas à l’improviste chez les gens
et on ne marche pas à pas de sioux.

 Son rire frais fait sourire son interlocuteur, elle doit avoir un peu plus
de la trentaine pense-t-il.

Qui êtes-vous ?

Je suis votre nouvelle voisine

J’en suis fort étonné

Et pourquoi ?

Madame Irma voulait voir en personne ceux qui allaient habiter sa maison pour donner son agrément or depuis son
accident elle est dans une résidence sur Saint-Etienne et je ne pense pas qu’un de ses enfants aient eu l’idée de l’amener chez elle pour vous inspectez.

Emma à nouveau éclate de rire, mais elle lui demande si elle peut baisser les
bras et c’est lui qui a son tour éclate de rire.

Bien sûr

Au même moment ils se retournent tous les deux, elle voit un jeune homme d’une
beauté à couper le souffle mais il cache sûrement ses beaux yeux derrière une paire de lunettes aux verres de couleurs sombres,  il s’approche d’Emma et lui dit je me prénomme Mathias et
vous Madame ou Mademoiselle…

Emma et oublions les civilités si je ne vous indispose.

Nullement et je préfère cela.

Ils devisent depuis plus de cinq minutes sur cette fausse Irma, Mathias ne voit
vraiment pas qui elle peut être sauf dit-il et il laisse planer comme une incertitude et n’en dit pas plus. Il y a là un mystère pense immédiatement la jeune femme et ce n’est pas pour lui
déplaire.

Allons à qui pensez-vous ?

Qu’importe puisque vous ne connaissez personne et vu que cette jeune dame avait bien le trousseau de clefs je
pense que c’était une des femmes des plus jeunes fils, je ne connais pas tout le monde Irma a 5 fils.

Mais lorsqu’elle parle de ce qu’elle a entendu cette nuit, il a à nouveau ses
sens en alerte et Emma policière dans l’âme le ressent à nouveau. Il faut qu’elle en discute avec Colin, lui aussi ressent beaucoup de choses. Ils se quittent comme de vieux amis, ils ignorent
tout l’un de l’autre mais le courant est passé. Et lorsqu’Emma monte les marches de son perron elle se demande une nouvelle fois si elle n’a pas rêvé, car on lui a présenté le voisin plutôt comme
un loup solitaire et non comme ce charmant jeune homme.

Sur son paillasson elle découvre l’avis de passage du facteur, tiens déjà une
lettre, pourtant je ne suis pas allée faire mon changement d’adresse, mais sur l’enveloppe il est écrit Madame Irma Ferrière. Voilà autres choses ce facteur aurait dû sonner, je n’étais pas si
loin, mais quand elle regarde l’avis de passage elle s’aperçoit qu’elle dormait et qu’elle n’entendait rien. Elle va aller se renseigner auprès du couple ses autres voisins pour savoir où se
trouve Madame Irma et elle lui rendra une petite visite et elle signalera à la poste son nom à elle pour éviter d’autres malentendus. Les voisins n’étant pas là elle remet à plus tard les
questions qu’elle a et se rend à Saint-Etienne pour flâner un peu dans la ville et essayer de trouver cette résidence cossue comme lui la dit Mathias, ces explications étaient assez embrouillées
mais comme elle connaît bien la ville elle pense avoir trouvé. Mais va-t-on lui permettre de la rencontrer, puis après tout si elle a autant d’enfants elle doit avoir une ribambelle de petits
enfants et elle peut toujours essayé de se faire passer pour l’un d’eux.. Et aussitôt dit aussitôt fait, elle se gare et entre. C’est fleurie, ça ne sent pas l’antiseptique, il y a une musique
douce, et bien voilà une belle résidence. A l’accueil, une hôtesse s’enquière de sa recherche.

Je voudrais voir ma grand-mère

Elle est entrée récemment

Non, mais je n’étais pas en France s’entend elle lui répondre.

Elle est complètement folle, elle va s’attirer des
ennuis.

Elle s’appelle Irma Ferrière, une chance qu’elle est lue son nom sur l’enveloppe tout à
l’heure.

Ah Madame Ferrière, Mamie Irma, comme elle va être heureuse, tous les autres membres de votre famille sont en
vacance et je la trouvais bien seule.

C’est l’appartement Myosotis au premier étage.

Merci, bon après-midi Madame.

Profitez bien de votre grand-mère Mademoiselle lui répondit elle.

En montant quatre à quatre les escaliers, Emma trouvait que cela avait été
facile, non pas de berner cette gentille dame mais de se laisser passer pour ce qu’elle n’était pas. Mais après tout elle avait toujours son accent et elle habitait sa maison et surtout comme le
voisin l’avait dit il fallait l’agrément de la vieille dame. Ce soir se serait choses faîtes.

Emma en arrivant devant la porte se demande si il faut frapper ou entrer,
finalement elle opte pour la première solution et frappe. Une voix jeune aux intonations assez méditerranéennes l’invite à entrer. Emma pousse la porte et elle voit face à elle une femme toute
menue et encore belle qui lui sourit.

Que me vaut une si belle visite lui demande la vieille dame.

Emma est un peu déconcertée, elle ne sait pas comment elle va lui expliquer tous
ces évènements mais elle la trouve si gentille avec son charmant sourire et sa phrase charmante lui va droit au cœur aussi  elle se jette à l’eau.

Vous avez devant vous la locataire de votre maison et comme Mathias m’a dit qu’il fallait que j’ai votre
agrément, me voici.

Elle a débité toute la phrase sans la regarder et quand elle ouvre enfin les
yeux elle a une femme qui éclate de rire. Ah ce Mathias il exagère. Mais je pensais que mon fils avait abandonné ses recherches, car nous n’arrivions jamais à être d’accord tous les deux. Aussi
j’avais confié à mes voisins le soin de chercher. C’est Mélanie qui vous a fait visiter, vous avez bien tout vu, de la cave au grenier.

Parce qu’il y a un grenier

Au moment où Irma va répondre, la porte s’entrouvre et une fillette d’environ
4ans entre suivit d’une jeune femme qui n’est que la fausse Irma. De suite la plus âgée met un doigt sur sa bouche et Emma ne dit rien, mais elle essayera d’avoir une conversation et si personne
ne l’invite à s’en aller elle va essayer d’en apprendre un peu plus.

Irma, lui fait rapidement comprendre qu’elle lui a accordé suffisamment de son
temps et elle doit s’en aller sans en savoir davantage. Si elle osait elle resterait derrière la porte, mais ce n’est pas dans ses habitudes. Ou se renseigner, mais elle entend derrière elle un
bruit de voix et un « sois sage je vais faire une course et je reviens te chercher ». La fausse Irma sort et se trouve face à Emma qui l’empoigne par le bras et lui
dit :

Vous me devez une explication

Oui, c’est la raison pour laquelle je suis sortie, mais pardonnez mon subterfuge, je ne voulais pas que l’on
sache qui je suis.

Mais qui êtes-vous ?

Je suis Irma, la petite fille de Madame Irma, mais

Vous êtes une menteuse, personne ne porte son prénom, que me chantez-vous là ?

C’est un secret et je ne pensais pas en vous voyant que vous étiez une aussi grande fouineuse, si je l’avais su
jamais je ne vous aurai laissé les clefs de la maison.

Bon, je vous prie de m’excuser, mais avouez que cela fait un choc quand vous apprenez que la vraie Irma a
90ans. Et à brûle pourpoint elle lui lance, connaissez-vous Mathias ?

La jeune fille semble de glace et n’arrive pas à lui dire un seul
mot.

Oui le vieil ours solitaire, vous voyez bien de qui je parle.

Oui, je le connais c’est mon frère.

Et sur ces mots elle s’effondre en sanglot.

 

 

A Suivre

Irma ( 2ième partie)

 

Colin se demandait comment leur dire ce qu’il venait d’apprendre. Mais il le fallait,
et puis Emma, et elle seule prendrait la décision de rester ou de s’en aller. Lui, la connaissant aventureuse savait pertinemment qu’elle resterait. Mais surtout pourvu qu’elle ne cherche pas à
en savoir davantage.

Colin tu rêves

No          Non,
mais je ne sais ce que tu vas penser de ce que je viens d’apprendre.

               
 Jette toi à l’eau


Ap      Après leur avoir dit la raison de ma
présence et que nous cherchions Irma, ils m’ont ouvert des yeux comme des soucoupes en me disant : « comment Madame Irma est venue, mais c’est impossible, puis, comme il ne me disait
plus rien mais attendait de comprendre, j’ai expliqué comment tu avais découvert cette maison. Ils ne disaient plus rien, enfin pour faire bref, Madame Irma a 90 ans et elle est dans une
résidence pour personnes âgées sur Saint-Etienne.

 

Le silence est si lourd à ce moment que tous se demandèrent par la suite si les
oiseaux ne s’étaient pas arrêtés de chanter. Emma n’en revenait pas, puis les questions fusèrent :

 

MsMais alors qui était notre
« Irma » ?

Colin ne le sait pas, quant aux voisins, ceux de la maison aux volets bleus, il lui
semble qu’ils ne lui ont pas tout dit. De toute façon ils ignorent l’identité de cette femme et surtout ils ne comprennent rien. Gérard, un des fils d’Irma leur avait même demandé de s’occuper de
la location. Mais si c’est fait et par quelqu’un d’autre et bien ça leur apprendra à vouloir rendre service et sur ces bonnes paroles ils ont claqué leur porte.

Donc, pense Emma nous voici revenu au point de départ. Enfin tout ceci n’est pas bien
grave, qu’importe le nom de cette femme. Mais elle ira voir le voisin l’ours mal léché, vu que Colin ne l’a pas trouvé, lui en saura peut-être plus. Selon les autres voisins il serait allé
« au bois » donc d’ici la nuit il sera rentré.

Un peu plus tard, sa mère la serrant dans ses bras lui faisait de nombreuses
recommandations, mais Emma était pressée de prendre possession de la maison et dit oui à tout ce qu’elle lui disait. Son beau-père lui ayant assuré que l’eau, le gaz et l’électricité
fonctionnaient bien, tout était à jour, et les provisions remplissaient les placards. Il repasserait dans la semaine pour voir ce qu’il allait pouvoir faire dans le jardin, mais pour cette année
il était bien trop tard pour planter beaucoup de choses, mais déjà le remettre en état allait lui prendre pas mal de temps.

Colin, lui s’attarde un peu il ne veut pas le laisser voir mas il est tout de même
inquiet mais ne laisse rien paraître à sa sœur qui le devine aisément. Les jumeaux ont ce don que d’autres frères et sœurs ont moins. Mais elle aussi ne laisse rien percer. Il lui promet de
revenir d’ici deux jours avec les jumeaux et s’il fait beau ils iront se balader dans les petits chemins. En fait ce que Colin ne dit pas c’est qu’il attend le fameux voisin, mais comme Emma
semble presser qu’il s’en aille, il ira l’attendre devant sa maison et comme la haie est haute elle n’en saura rien.

 Al           Allez
sœurette j’y vais, je ne suis pas loin mais tu as encore pas mal de choses à faire et puis les émotions ça creusent et j’ai une faim de loup, à dimanche et sur cette dernière phrase il
l’embrasse.

 

Enfin se dit elle je suis seule, ouf. Un petit café et après je m’accorderais quelques
instants de réflexions, ces derniers jours je n’ai pas eu un moment à moi et je n’aime pas tout ce bazar.

Quand elle relève les yeux elle s’aperçoit que la nuit est tombée, elle n’est pas allé
voir le voisin, tant pis elle le fera vendredi soir ou samedi matin. Elle se prépare un petit repas succinct et cherche dans sa malle son dernier
ouvrage 
: Le Palanquin des larmes de Chow Chie Ling. Il y a déjà
deux bonnes heures qu’elle lit quand elle entend comme un léger grattement à la porte, la première fois elle hausse un sourcil et n’entendant rien elle se replonge au cœur du récit, il s’écoule
quelques minutes et à nouveau ce frottement, comme un battement d’ailes ou un mouchoir qui tombe. Elle rit en se disant cela, quel esprit romanesque tu fais ma pauvre Emma, car elle pensait à un
mouchoir en soie comme l’histoire qu’elle racontait à ses neveux quand c’était le moment de les endormir. Du reste se dit-elle j’ai sommeil il serait temps que je m’allonge.

La maison et son occupante s’endorment, elle a vérifié les volets, pas qu’elle est peur mais
plus parce qu’elle n’aime pas être réveillée par le soleil et en cette période estivale il se lève bien plus tôt qu’elle. Soudain un bruit se fait entendre comme une bille qui roule sur le
plancher et qui rebondit poc… poc… pocccccccccccccc. Emma allume sa lampe de chevet, regarde au sol et ne voit rien, ma pauvre fille se dit elle tu as du rêvé, cette pièce est vide, à part ton
foulard vert et ta mallette il n’y a rien, endors toi vite. Mais tout de même ce bruit était bien réelle, aussi elle préfère en avoir le cœur net et elle fait le tour de la maison, elle ne trouve
rien jusqu’au moment où elle avise une porte qu’elle n’avait pas vu, la fausse Irma et Emma rit leur a dit que derrière cette porte il y avait un placard et n’en n’ayant pas l’utilité, Emma ne
l’a pas ouvert. Mais dans la nuit elle essaye de l’ouvrir mais c’est impossible, aussi la pousse t elle et. Elle s’ouvre, ah non pas sur un placard mais sur une montée d’escaliers. Voilà qui est
bien étrange songe la jeune femme, mais je n’ai pas le temps de monter voir le grenier je le ferai demain, au moment où elle va pour refermer la porte elle voit une bille qui est sur l’avant
dernière marche, étrange, qu’est ce qui a fait qu’elle soit tombé comme ça sans que l’on l’ai soit jeté d’en haut soit…Elle ne sait pas quoi penser de tout cela mais ce qu’elle sait c’est qu’elle
a sommeille. Aussi elle referme soigneusement la porte et va se coucher,
elle écoute
attentive les bruits de la maison et entends comme une respiration, c’est étrange, qu’est ce que cela veut dire…Enfin peu importe, elle n’a pas peur, il doit y avoir une
explication
 et pour éviter d’entendre d’autres bruits elle se met des boules
quiès, de cette manière le fantôme peut lui lancer toutes les billes de la terre entière elle au moins dormira.

 

A Suivre

 



 

 

Ecrit en avril au bord de mon canal

 

EvaJoe

Emma (1ère partie)

PREAMBULE

 

Emma est une jeune femme, professeur dans un grand lycée parisien bien dans sa peau mais n’aimant plus la vie
trépidante de la capitale. Elle décide de demander sa mutation en province. Peu lui importe la ville, elle sera à dimension humaine. Elle vient de recevoir sa lettre de mutation pour
Saint-Etienne dans la Loire. 
 


1ère Partie

 

En ouvrant sa boite à lettres ce matin, Emma réalise que son rêve va se réaliser, allez vivre ailleurs que dans la
capitale, sa lettre de mutation, elle la tient dans sa main. Quelle chance, elle va à Saint-Etienne, sa ville de naissance, si elle l’avait demandé elle ne l’aurait pas eu, mais là c’est
inespéré. Comme sa maman et son beau-père vont être heureux.

Là-bas, elle connaît bien les environs et sait que  la campagne n’est pas loin et qu’elle trouvera facilement une
maison. Elle se souvient de la manufacture d’armes ou son père a travaillé, que de souvenirs lui viennent à l’esprit. En lisant son courrier elle s’aperçoit qu’elle sera professeur dans son
lycée, un des meilleurs à l’époque, elle a un sourire, cela va la changer de celui où elle se trouvait en ce moment. Vite il n’y a plus de temps à perdre, rendre ses clefs, chercher un
déménageur, appeler maman, trouver un garde-meuble, et en attendant de trouver sa perle rare, elle ira chez son frère, il se fait une joie de l’accueillir. Elle s’occupera des jumeaux.
Vite….

 

La voici arrivé, elle est passé devant son lycée, a rencontré l’économe qui lui a dit vivre dans un petit village et
que là-bas il y avait des maisons à louer. Munis de ce précieux sésame, elle s’y rendra dans la semaine, mais aujourd’hui elle va aller voir cette maison qu’elle a trouvée dans la revue qu’elle a
feuilletée chez le médecin avant son départ. Une jeune femme la propose à la location, elle quitte la France, et si Emma est conquise, elle ira jusqu’à lui la  vendre. Aussi, il ne faut pas
tarder, elle va chez sa mère mangée et cet après-midi accompagné de son frère elle ira voir cette perle.

Les voici sur les lieux, c’est une petite propriété au fond d’un jardin coquet, il est
très fleuri. Il y a une maison au volet vert à 500 mètres sur la droite et une autre qui semble plus ou moins abandonnée  à gauche, celle-là a des volets roses. Colin et Emma éclatent de
rire en la voyant et son jumeau lui dit:

–     Heureusement que ce n’est pas celle-ci qui te
plaisait.

Mais, voici que la porte s’ouvre avant qu’ils n’aient eu le temps de secouer la
cloche. Une jeune femme aux traits tirés leur ouvre la porte.

 –    Entrez je vous prie

Elle s’efface pour les laisser passer, un joli hall ouvrant sur plusieurs pièces, d’un
coup d’œil Emma voit que la tapisserie est récente et assez claire. Elle ne va pas faire la difficile si la maison est aussi propre et fraîche que ce hall et vu que l’extérieur lui plait, elle
pense qu’elle dira oui. Mais elle n’en n’est pas encore là, il lui faut faire le tour. Au cours de la visite elle apprend que leur hôtesse part pour l’Afrique pour une mission humanitaire mais
qu’elle doit se reposer ces deux mois avant de s’engager dans cette aventure. Emma n’ose pas lui demander pourquoi elle a les traits aussi tirés, son frère lui confiera plus tard mais bien plus
tard que cela aurai du les alerter. Mais nous n’en sommes pas encore là.

Une fois la visite terminée, il faut passer aux modalités du coût du loyer, Irma lui
propose trois mois gratuit et si après elle est toujours intéressée, elle lui la vendra. Emma est stupéfaite, elle trouve sa proposition fort généreuse, elle insiste pour lui laisser quelques
€uros, mais elle décline leur offre, ou alors si elle les accepte ce sera pour son Association. La chose étant entendue, ils vont voir la cave, le grenier et les dépendances qui pour l’instant
n’intéresse nullement Emma, mais Colin lui dit qu’il y mettra sa collection de voitures miniatures en attendant qu’il est sa propre maison, sa femme sera ravie car les jumeaux grandissent et
cette collection prend de la place. Irma a un léger sourire, mais reprend vite son masque lugubre et elle leur fait visiter un jardin ou il y a beaucoup de fleurs, Colin voit pour leur beau-père
la possibilité de faire un jardin potager si bien sur sa sœur n’y voit pas d’inconvénient. Emma est tellement heureuse d’avoir trouvé aussi vite cette petite maison qu’elle signerait des deux
mains n’importe quel papier.

Dans la jolie cuisine ancienne au bois brun et avec toutes les commodités, four,
lave-vaisselle et pleins d’autres choses, Irma leur offre un café et les deux femmes s’échangent leur numéro de téléphone pour pouvoir communiquer en cas de besoin. Mais, Irma à ce moment-là se
met à pleurer, elle essuie rapidement ses larmes et reste assez évasive sur ce moment émouvant. Elle bredouille une fatigue extrême et laisse Emma et Colin avec des questions sans
réponse.

Voilà, Irma leur laisse tout, les meubles d’Emma vont rester chez sa mère, elle peut
emménager de suite mais elle va prendre du temps pour revenir avec son beau-père voir si tout est bien conforme, si il n’y a pas besoin de choses et d’autres, lampes, fusibles ou autres à avoir
sous la main en cas de panne.

Au moment où ils vont s’en aller, ils entendent la voix
d’Irma :

Non, laissez-moi, je vous prie, arrêtez, je pars, je n’en peux
plus.

Ils se regardent tous les deux et ne savent pas si elle parle avec un des voisins ou
si elle est au téléphone. Colin pense que c’est le voisin de la maison aux volets roses qui doit lui parler, Irma a dit que c’était un vieux ours solitaire mais qui sait, elle a peut-être eu une
aventure avec lui, car tout à l’heure quand elle en a parlé elle a eu le plus beau des sourires au milieu de son visage chiffonné et Colin assez romanesque y voit une histoire d’amour qui vient
de se terminer. Lorsqu’ils arrivent à la porte il voit Irma s’engouffrer dans un taxi et elle disparaît à leurs yeux, elle n’a pas de bagages, tous deux s’en étonnent, ils remontent dans la
maison et ouvrent les armoires, tout est vide, il n’y a aucun vêtement d’accroché. Il trouve ça étrange mais pense qu’elle n’habitait pas ici et qu’elle était revenue que pour faire visiter sa
maison.

Un peu perplexe ils quittent la villa et repartent sur Saint-Etienne, en chemin ils
bavardent, ils ont tant de choses à se raconter. Quand, tout à coup, Emma se souvient ne pas avoir demandé à Irma ou se trouvait le compteur d’eau et si elle avait donné son désistement pour
l’ensemble des services : (eau électricité et téléphone).

Elle fouille son sac pour prendre son téléphone et appelle le numéro qu’Irma vient de
lui donner, mais elle entend une voix lui dire que le numéro n’est pas attribué, elle est étonnée car elle revoit Irma téléphoné devant elle pour demander au jardinier de ne plus venir, son tél
marchait. Son frère pense qu’elle s’est trompée avec les chiffres et il lui répète le numéro mais c’est bien le même. Irma se serait-elle trompée ? Comment faire pour la joindre maintenant.
Elle se renseignera plus tard quand elle reviendra. Le vieux loup solitaire aura sûrement  son numéro.

Quelques jours plus tard, ils sont de retour dans la maison accompagnés par sa mère et
son beau-père, Colin, quant à lui est allé voir les voisins pour en savoir un peu plus sur cette jeune femme.

Quand il revient il a un visage comme un jour sans fin et ce qu’il va leur apprendre
va les laisser sans voix.

 

A Suivre…


 

Tout passe

 

Effacé tes traces

tout passe

de l’eau a coulé sous les ponts

le temps s’est figé

les saisons sont passées

et revenues

sans un bruit

le temps est immuable

tu t’es enfuie

en allée

en un tourbillon

c’était hier

ils sont fini les temps heureux

A l’été a succédé le déluge

les pluies d’automne remplacé

par les bourrasques de l’hiver.

 

Effacé tes traces

Tout passe.

Tu as toujours tes yeux de feu

tes boucles en cascade

ton sourire espiègle

ta bouche vermillon

me parlant de fraises

me donnant de l’ivresse

tu es partie 

sans espoir de retour

ta prison s’est ouverte

partir pour un ailleurs

ni mieux, ni pire

mais partir

assoiffée de vie

j’ai mal je crie.

 

Effacé tes traces

Tout passe

la nuit est là

impénétrable

je respire, enfin!

encore perdu

dans ce passé

qui s’effiloche

mon corps enchaîné

a cassé ses liens

Libre je suis

mais l’absence est cruelle

Il est fini le film

je lis le générique

c’est le mot fin

qui vient de s’inscrire.

 

Ce texte est purement imaginaire, 

 

Fait au bord de mon canal en ce matin du 11/04/2012 à 11h36

 

EvaJoe

 

 

La haute cour (fin)

 

 

 

Aujourd’hui dans la campagne il y a une cacophonie c’était inévitable car pas un de ces volatiles
n’est capable d’écouter l’autre. Chacun tire à soi la paille du voisin sans se préoccuper si l’autre en a. A force de se la piquer ils vont se retrouver sur la paille  et ils verseront une
larme de crocodile au bord de l’étang voisin. Le lendemain de cette nuit historique voir hystérique chacun vaquait à ses occupations, le vieux coq debout dans la charrette surveillait d’un air
nostalgique la ribambelle de poulettes. Il était si vieux qu’il ne se déplaçait pas énormément et ce char lui allait bien.

Mais que ce passe-t-il là-bas chez la famille cane and Co il y a des coins coins qui ne trompent
personne. Un défilé hétéroclite avance dans sa direction, ou va toute cette population ? Que viennent-ils faire à part manger notre ration, quand je serai élu j’y mettrais bon ordre. De
toutes façons se dit-il dans son for intérieur je saurai retirer les marrons du feu.

Le lièvre dans son terrier sait bien ce que fait le vieux coq, il attend que les alouettes lui
tombent dessus toute rôtie. Il a l’art et la manière, mais il sait qu’au petit matin il sera le maître parmi toutes les caquetantes, il fera le beau même bien décrépis  il y a encore des
naïfs qui se feront avoir. Mais pendant ce temps le vieux coq sur le retour et la cane s’épient et chacun lance à l’autre un trait piquant et une phrase de ci de là et le ton monte et à y
regarder de plus près cette cane jouant la pudique n’est qu’une véritable canaille. Elle a des yeux à percer un mur blindé. Cela fait bien longtemps qu’elle n’est plu une oie blanche. La famille
grand ’oreille n’en croit pas ses yeux. Quel est ce langage de charretier se dit le patriarche en mangeant une feuille de salade ? Il va falloir veiller au grain sinon c’est la déroute
assurée. Quelle idée a eu le petit coq à vouloir ses élections ? Il parait lui a expliqué la chouette que c’est ce que l’on appelle la démocratie, c’est mieux que l’anarchie lui a-t-elle
dit. Le géant des Flandres arrivé depuis peu lui a dit que dans sa demeure il y avait un roi, pas un qui se donne l’air d’en être un mais un vrai avec une couronne, pas comme ton pédant de coq
sortant.

Dans la nuit auréolée de la lune un bruit court et s’amplifie la rougeaude a jeté l’épi, elle ne se
présente pas, elle a subi des pressions, allons-nous coucher pense le vieux lapin, il sera temps demain d’en savoir davantage.


La nuit est froide et glacée, plus un bruit, un grand silence est tombée sur la campagne, les
discussions chez les canards se sont éteintes comme par magie. Toute la basse-cour dort en rêvant de cette haute cour qui verra bientôt le jour. Demain les estocades recommenceront de plus
belles, ce sera à celui ou celle qui aura le verbe le plus haut.


Mais le lendemain surprise et la surprise est de taille, un drôle de coq a fait son apparition, il
est là et discute avec les uns et les autres sans se soucier de la couleur des ailes ou de l’origine de tous les volatiles présent dans la basse-cour. De mémoire de vieux coq cela ne s’est jamais
vu. Qui est cet olibrius se demandent les coquelets et que vient-il faire chez nous ? Il passe de groupe en groupe tout ce qui compte de volatiles va se trouver face à cet oiseau de couleur
sombre.


 

250px-Tetrao_urogallus_Richard_Bartz.jpg

Au fil de la journée tout le monde est au courant de son histoire, il vit en liberté dans les
montagnes mais il est à la recherche de sa compagne et comme il a entendu du bruit et des vociférations il a pensé s’arrêter avant de reprendre sa route. Le vieux coq se sent fébrile face au
coq de bruyère, il lui dit ce qui agite sa cour et lui demande de se présenter à l’élection.


–  Je ne suis pas de chez vous, je ne vous connais pas, voyons que deviendrais- je
enfermé ?

–  Je suis épris de liberté et je suis très secret. Mais la liberté n’a pas de prix et je pense
que vous devriez revoir votre manière de vivre tous ensemble. Le coq de la basse-cour ne peut se comporter en despote il doit pouvoir veiller sur chacun d’entre vous que vous soyez de sa famille
ou non. Vous en êtes capable, aujourd’hui lorsque je suis arrivée chez vous, vous ne m’avez  pas chassé alors réfléchissez à qui servira au mieux vos intérêts et faites le bon choix. Je vais
repartir dans mes montagnes c’est mon milieu naturel, je sais que là-bas malgré les dangers qu’il y a je serai heureux mais je le saurai davantage si vous me promettez de vivre tous ensemble dans
la paix.


Et, c’est depuis ce jour que les coqs sont à tout jamais les rois des basse cours mais dans
celle-ci, depuis la venue de ce coq de bruyère et en souvenir de ce dernier et de ses hautes montagnes  ils l’ont appelés la « haute cour ». 


link < pour écouter le chant du
coq de bruyère ou grand tétras, ceux des Pyrenées doivent connaître  c’est ici

Les photos précédentes étaient de moi

la photo du coq de bruyère source wikipedia link

Le retour

 

 

 

Elle se souvenait de la raison exacte pour laquelle Marion, puis Maud avait quitté Tony et pour quelles raisons elles
avaient quittés toutes les deux la région. Sa grand –mère un beau matin avait dit que Léon était son demi-frère, personne n’en n’avait la preuve, mais tous les deux leur l’avaient révélés au
décès de Pierre le grand-père de Marion. Du vivant de grand-père il en avait été jamais question, tout au plus, Marion se souvenait que ses parents et son parrain voyaient d’un mauvais œil ses
fréquentations avec Tony, mais tant que c’était resté une amourette de vacance ils n’avaient rien dit, c’est lorsqu’elle avait dit : « quand nous serons adultes on se mariera
ensemble » que ses parents et sa grand-mère lui avaient fait cette révélation.

Jack en quittant Marion c’était bien rendu compte que sa cousine était troublée par l’apparition de Tony. La rencontre de
Tony le ramenait 15 ans plus tard lorsqu’il avait dit à ses parents que Sandra et lui allaient se marier. Son père s’était assis dans son fauteuil, la tête entre ses mains et lui avait dit
qu’elle était sa cousine au même titre que Marion, Maud, Magalie et Myriam. Bien entendu Tony ne comprenant pas avait fuis le domicile et rejoint Sandra auprès de la fontaine comme tous les soirs
d’été et elle était là en pleur, ne comprenant pas, il l’avait questionné et il l’avait appris de sa bouche toute leur histoire commune.

Son père venait de lui dire que lui vivant jamais elle n’épouserait Jack car il était son cousin germain, enfin demi
cousin, Antoinette sa grand-mère avait eu un fils, lui-même hors mariage et qu’en fait son grand père ce n’était pas Léon mais Pierre le grand-père de Jack. Abasourdie elle aussi, elle était
partie se réfugier dans la nature et c’est la raison pour laquelle tous deux s’étaient retrouvés. Il se souvient aussi être allé voir les parents de Tony et Sandra pour essayer de les convaincre
qu’être à moitié cousins n’étaient pas si grave, mais son père n’avait rien voulu savoir, de plus Sandra n’avait que 17 ans au moment des faits, elle allait avoir ses 18 ans que fin décembre.
Aussi tous les deux s’étaient donné rendez-vous après sa majorité, mais hélas rien ne s’était passé comme prévu. Dans les semaines qui avaient suivis cette révélation le père de Sandra fut nommé
hors de France et Sandra contrainte et forcée l’avait suivi. Depuis Jack n’avait eu aucune nouvelle,  même tout à l’heure il n’avait rien demandé à Tony et pourtant quand il avait vu il
avait tant espéré que de lui-même il lui donnerait des nouvelles de sa sœur. De plus il ignorait si Marion était au courant, et ne s’étant jamais confié sur sa relation avec Tony, il n’avait
jamais abordé ce sujet, mais au vu de son visage bouleversé il en avait conclu de lui-même qu’elle aussi, elle savait. Mais avait-elle la vraie version et non celle que ses parents lui avaient
donné. En arrivant sur Marseille, il chasse ses idées de sa tête et rejoint rapidement sa sœur qui est venue l’attendre pour l’emmener dans la villa de leurs parents sur Cassis. Il évitera de
parler de la rencontre avec Tony et se bornera à sa rencontre avec sa cousine pour la réfection du village. Son père il en est certain haussera les épaules car il a tiré un trait sur son village
de Haute Savoie, mais sa mère sera prête à les soutenir car elle a toujours regretté leur départ de la région quand lui et sa sœur était encore enfants.

Du reste c’est exactement comme Jack l’avait pensé que son séjour s’est passé, mais avec Manon ils ont réussis à joindre
la plupart de leurs cousins et cousines et tous ont approuvés leur rencontre au village de Bonne Maman. Si il a confié la raison à sa cousine Maud c’est parce qu’il voulait l’avertir qu’elle se
retrouverait face à Tony et qu’il ne voulait pas courir le risque d’un problème. Mais Maud est follement amoureuse de son Jérôme et elle a tiré un trait sur cet épisode malheureux, mais elle sera
présente avec son mari qui est charmé de retrouver la joyeuse bande de cousins et cousines de sa femme qu’il avait eu le temps de voir lors de leur mariage l’été dernier. N’ayant plus rien à
faire sur Marseille, il regagne Paris avec sa sœur qui ira loger chez Marion et ils rendront visite à leur association dans le courant de la semaine pour leur exposer leurs idées.

Au moment où Jack et Manon arrivent à l’appartement de Marion, ils voient sortir leur tante, cette dernière pleure, ni
l’un ni l’autre ne comprennent, elle passe à côté d’eux sans les voir. Ils se dépêchent de monter et trouvent Marion, elle est encore sur le seuil de sa porte et se dispute vivement avec son
père. Ne voulant se montrer, ils font mine de descendre mais leur oncle les aperçoit et leur dit :

En espérant mes chers neveux que vous pourrez faire comprendre à votre cousine dans quelle galère elle veut se mettre en
épousant Tony.

Tony si ça se trouve n’est pas mon cousin, Maman est dans l’impossibilité de me prouver la filiation, il n’y a rien qui le
prouve, ou tout au moins nous n’avons jamais mis la main sur un papier quelconque qui le prouverait.

Jack a le droit et le devoir d’interrompre sa cousine et son père en leur révélant la version du père de Tony. Une fois
qu’il les a mis au courant, il sent que son oncle et sa tante qui est revenue sont perplexe. Ils décident de faire des recherches car si cela se trouve ils ne sont même pas parents. De plus sa
mère Marie n’en n’a jamais fait cas et elle la dit que poussée par sa fille lorsque sa petite fille a parlé de mariage.

 Mais maman comment l’as-tu su ?

C’est Léon, un soir d’hiver lors d’une rencontre entre nos deux familles qui l’avait dévoilé Cela avait jeté un froid,
mais Papa en avait ri et cela en était resté là. Mes parents après la révélation de Léon nous ont réunis tous les 5 et nous ont dit de s’en tenir à la version suivante que Léon et Marie était
demi-frère et sœur.

Mais crièrent en chœur, Marion et Jack pourquoi accuser Bonne Maman et le grand-père de Tony alors qu’ils n’y étaient pour
rien.

Tous les deux avaient eu la même nourrice et cela pouvait se comprendre alors que de dire qu’Antoinette et grand-père
avaient fauté c’était jeté l’opprobre sur les deux familles et comme dans les villages tout le monde était plus ou moins parents, cela risquait de partager le village en deux. Cela aurait pu en
rester là si tous les deux vous ne vous etiez pas mis en tête d’aimer Tony et Sandra.

Mais si Bon Papa en a ri je pense qu’il y a autres choses, si ça se trouve ils ont voulu protéger Antoinette, et le
grand-père de Tony avait sûrement bu un peu trop du » vieux marc » pour tenir des propos pareils.

Je ne vois pas pourquoi nous aurions à payer vos fautes successives. Sur ce, je ne vous retiens pas.

Marion gentiment a mis à la porte ses parents tout en leur disant, si le 15 aout je revois Tony je me déclarerais et si
vous ne voulez pas assistés à mon mariage et bien tant pis pour vous. J’aurais dû être plus virulente il y a dix ans quand je vous l’avais dit, car aujourd’hui on ne serait pas là à se disputer,
si ça se trouve nous aurions déjà des enfants et tous les deux vous seriez grands-parents. Vous avez gâchés ma vie.

A ce moment-là, Jack est intervenu pour calmer les esprits et il a même fait l’effort de repartir avec son oncle et sa
tante assez chagrinés. En refermant la porte, Marion et Manon étaient assez mal, mais aux cours des jours qui suivirent, ni l’une ni l’autre n’ont fait allusion à cette soirée.

Huit jours plus tard, Jack est venu les chercher, ils se rendent à leur association de sauvegarde des villages. Jack au
cours de la semaine a fait part à deux ou trois de ses amis de son projet et il a reçu quelques dividendes pour parer aux premiers frais et la promesse que dès septembre ils seraient là pour
l’aider. Aussi, fort de ces aides précieuses il se sent en force face à « l’Asso ». Les voici réunis autour de la table et Marion faisant toute confiance à Jack le laisse exposer leurs
idées et projets. Un débat s’en est suivi et à la fin il a été décidé de voter, Trois projets ont été exposés ce soir-là et seuls deux seront retenus. Le village de  Jack pour le premier
projet, ensuite c’était un village en basse Ardèche et un autre village dans le Lubéron. A l’unanimité ils décident de voter à bulletin secret, seule Manon qui les a accompagnés ne votera
pas.

Sur le chemin du retour ils chantent des chansons de leur enfance, leur projet a eu la majorité des voix, ils pourront
avoir une bonne somme pour commencer, il y aura du travail mais ils savent que demain les cris et les rires résonneront à nouveau dans le village de leur enfance.

 

Nous voici au matin du 15 aout, la veille Jack, Tony, Sandra et Marion ont tenu à se retrouver tous les quatre. Tony le
plus âgé avait appris par sa grand-mère son secret, mais comme il avait promis de ne jamais le révéler, il ne l’avait pas fait. Mais aujourd’hui cela met dans la peine deux familles et lui étant
amoureux de Marion et sa sœur de Jack, il faut leur révéler ce secret.

Antoinette était fort jeune lorsque ce grand malheur s’était abattu sur elle, elle s’était retrouvée enceinte après un
viol alors qu’elle avait à peine 15 ans. Son père quand il l’avait su était rentré dans une colère immense et comme il connaissait le papé il l’avait chargé de trouver un homme pour sa fille et
on l’avait marié de force à Léon qui aimait Bonne Maman. Votre Grand-mère était effectivement sa sœur de lait et comme ils avaient grandis ensemble ils étaient fort proches et avaient toujours
pensés qu’ils passeraient toute leur vie ensemble  mais le destin les avait éloigné. Votre grand-mère a de suite adopté celle qui allait devenir la femme de son Léon, elle l’a considérée
comme sa petite sœur et jamais elle ne lui a témoignée  de l’animosité, au contraire elle la aidé et même c’est elle qui l’a accouché quand tout le village leur tournait le dos. Puis, elle a
rencontré Pierre alors qu’il était dans un maquis sur le haut plateau mais cette histoire vous la connaissez. Ton père, Jack et mon père car grand-mère Antoinette avait eu un garçon ont été
élevés ensemble. Puis d’autres enfants étaient nés dans leurs deux familles, Léon a eu une fille et un garçon et son amie Marie après ses 4 garçons a réussie à son tour à avoir une fille et plus
tard ta maman Marion était tombé amoureuse de mon père et Léon voyant cela d’un assez mauvais œil avait brisé leur amour en leur tenant les propos que vous connaissez.

« Tu ne peux pas épouser Francine, c’est ta demi sœur, ta mère l’a eu avec Pierre »

Grand-mère Antoinette a toujours pensé que son mari était jaloux de Pierre car lui avait épousé la femme qu’il aimait et
tant qu’à faire ni ses enfants ni ses petits enfants auraient le droit d’épouser ses descendants. Aussi lorsqu’ à la réunion de famille alors qu’il avait bu, quand il a annoncé qu’ils étaient
frères et sœurs, personne n’a osé s’opposer à lui, car tout le monde savait qu’il piquait des colères énormes. Mais un deuxième destin fut brisé celui de mon père et de ta mère.

Mais pourquoi m’empêcher de me marier avec ta sœur, cela n’a pas de sens, elle est la fille de ta tante qui elle n’a rien
à voir avec ton père, c’est seulement sa demi-sœur.

En effet mais grand-père a toujours eu peur que l’histoire se renouvelle et il préférait que nous soyons amis et non
mariés. Mais maintenant, nos parents sont capables de passer outre et au vu des papiers que je leur ai remis à tous les quatre la semaine passée ils ne peuvent s’opposer à nos mariages. Pour le
reste de la famille ils vont se faire une joie d’assister à un double mariage. Laissons derrière nous ces vieilles histoires.

Mais Marion se sent mal à l’aise, elle aimerait savoir quelques choses mais se demande si sa question ne va pas mettre le
feu au poudre, allez, elle se lance, tant pis si sa question est incongrue.

Sait-on s’ils ont su qui avait violé ta grand-mère ?

En fait il n’y a jamais eu de viol, ma grand-mère avait dit ça pour éviter la colère de son père et s’il ne l’avait pas
frappé comme il l’aurait fait en temps ordinaire, il l’avait envoyé loin de lui pour éviter de voir le regard de ses voisins. Elle ne lui a jamais avoué la vérité, il est mort sans avoir revu sa
fille et sans connaître son petit-fils.

Mais alors dit Marion qui était l’amour d’Antoinette, te l’a-t-elle dit ?

Oui, c’était un jeune du village qui est mort plus tard lors des combats dans le maquis. Mais Grand-Mère Antoinette a été
très heureuse avec Grand-Père Léon.

Ils ont discutés toute la nuit et au petit matin ils accueillent leurs cousins et cousines, les petits enfants de Marie et
Pierre ainsi que les petits enfants de Léon et Antoinette car ils sont liés tous ensemble. C’est Jack qui prend la parole. Il revient un peu en arrière au temps où ils jouaient pendant les longs
mois d’été, ils sont tous tristes de voir que le village au fil du temps s’est dégradé mais enthousiasme à l’idée que vient de leur exposer leurs cousins et amis. Il y a plusieurs clients de Tony
qui s’associent à ce long projet ainsi que les petits enfants d’anciens villageois. Tony et Jack ont fait une longue enquête pour tous les retrouver. Voilà il faut trouver un nom pour leur projet
afin de pouvoir avoir des subventions, ils ont jusqu’à ce soir pour faire leurs propositions.

A la nuit tombée ils sont réunis autour d’un feu de camps et Marion à son tour prends la parole :

Après avoir examiné toutes vos propositions nous avons décidés à l’unanimité de prendre le nom qui revenait souvent ce
dont je vous remercie « Les amis de Marie et Léon », et Marion pense tout bas comme cela vous êtes réunis dans ce projet au-delà de la mort. Et personne ne vous en veut d’avoir
gardé un secret, même si pendant dix ans j’ai souffert de ne pouvoir épouser l’homme que j’aimais.

Puis Jack et Tony annoncent à tous que l’an prochain à la même date il y aura un double mariage dans la petite chapelle du
village, leur travail d’ici là aura bien avancé. Et c’est sous un tonnerre de vivats que tous se séparent en se donnant rendez-vous pour remettre en état la maison de Léon et Antoinette, quant à
la maison de Marie et Pierre elle s’est mieux conservée et Marion et Tony vont y habiter puisqu’ils ont décidés de rester dans leur village.

 

Fin

 

Marion

 

 

Lorsque Marion entend pleurer sa mère, elle se précipite à l’intérieur de la chambre, ouvre les volets et à son tour 
comprend, sa grand-mère a quitté le monde des vivants. Elle la regarde, elle la trouve belle dans la mort, son visage a l’ombre d’un sourire, elle est allée retrouver son « Pierrot « 
comme elle doit être heureuse. Elle prend sa mère dans ses bras, sanglotent un peu et se ressaisissent. Il faut vite qu’elles appellent les autres, en espérant qu’ils ne soient pas trop loin sur
la route. Pourvu que le frère de Marion n’est pas déjà pris son train. Marion lui téléphone rapidement et l’informe de ce qui vient de se passer, il se charge d’appeler son père et ses oncles,
comprenant que sa mère a d’autres choses à penser et lui dit qu’il rentre sur Paris et reviendra pour l’enterrement, il ne peut pas laisser son travail comme cela, il préfère faire ainsi, Marion
le comprend, elle-même, la petite dernière est encore en vacance, elle va épauler sa mère et après elle rentrera, quand les choses seront réglées. Pour l’instant elle est un peu sous le choc,
surtout lorsqu’après avoir téléphoné à son parrain elle l’entend dire, elle nous a fait un sale coup, elle a honte des propos de son oncle, elle ne le comprend pas mais elle n’insiste pas et le
laisse maugréer tout bas. Que doivent penser les jumeaux à peine âgés de 5ans devant les propos de leur papy se dit-elle.

Marion arrête la comtoise à l’heure approximative de la mort de sa grand-mère comme cette dernière lui l’avait demandé il
y a à peine quelques semaines quand avec sa petite fille elle avait évoqué son départ définitif de cette terre ou elle n’avait plus rien à faire puisqu’on lui imposait de partir de son chalet.
Marion la comprenait, du reste elle avait proposé à ses parents de rester avec Bonne Maman, mais son père s’y était opposé, mais aujourd’hui elle regrettait de ne pas lui avoir tenu tête. Surtout
qu’elle avait fêté ses 18ans il y avait une semaine. Qui sait pense-t-elle si elle avait dit à sa grand-mère qu’elle resterait avec elle l’hiver, possible qu’elle ne serait pas morte. En
attendant le médecin, elle en discute avec ses cousines qui elles aussi étaient resté pour dire au revoir à leur grand-mère, elles ne savent que lui dire mais repensent à leur journée et se
disent elles aussi que leur grand-mère a eu une belle mort et que dans un sens elle ne saurait jamais que ses fils étaient partis sans l’embrasser.

Quelques jours plus tard ils sont tous réunis dans la petite chapelle pour un dernier adieu à leur aïeule, même le père de
Marion et son cousin du Québec sont là. Il y a eu un dernier débat pour savoir où ils allaient l’enterrer mais Marion et sa mère ont tenu bon, elle voulait rester dans son village et bien nous la
laisserons dans son cimetière au côté de Bon Papa Pierre. Pour éviter la polémique ses frères se sont inclinés. Ils ont fermé la maison et ils sont tous partis vaquer à leurs occupations en se
promettant de se revoir ici dans un an.

Aujourd’hui c’est le 14 juillet mais ce n’est pas un an après c’est dix ans plus tard, en effet ils sont revenus les deux
premières années puis, ils ont vidés la maison et petit à petit ils ont espacés leur déplacement dans ce village qui au fil des ans s’est dépeuplé totalement. Aujourd’hui Marion est de retour
avec un de ses cousins, la maison est glaciale mais ils ouvrent les volets et le soleil éclaire l’intérieur modeste ou ils ont vécus des vacances inoubliables lorsqu’ils étaient enfants. Au sol
une photo jaunie oubliée lors du dernier déménagement, ils se penchent dessus et à la vue de leurs bouilles d’enfants se souviennent de tout ce qu’ils ont vécu chez leur grand-mère adorée.

Que sont-ils venu faire après toutes ces années, ce village est vide d’habitants, ici ou là des maisons sont à moitié
écroulés, celle de leur grand-mère tient comme par magie mais il va falloir l’étayer, Jack qui est architecte va s’occuper de ça et après il leur faudra tirer des plans sur la comète. Voir par
quels bouts ils vont commencer. Car ils font partie d’une association qui a décidé de réhabiliter les vieux villages abandonnés et Marion et Jack ont de suite pensé à Mamie Marie qui serait
heureuse de voir que deux de ses petits enfants ont envie de le faire revivre. Ils sont là en éclaireurs pour dire quels sont les besoins de leur village et de voir à quelles portes ils vont
devoir frapper. Ils devisent tranquillement lorsqu’il voit arriver un promeneur, de loin ils ignorent qui il est, connu ou inconnu. Jack opte pour un randonneur qui va dormir dans une maison
abandonnée, ils ont vu en contre bas deux ou trois maisons plus ou moins habitées mais malgré tout en piteux état. Le promeneur ou plutôt randonneur car il a tout l’attirail pour une excursion en
montagne s’arrête à leur hauteur en disant :

Alors là je n’en crois pas mes yeux, mais que faîtes-vous là ?

Stupéfait, Marion et Jack l’observent, certes il ne leur paraît pas inconnu mais ne peuvent lui mettre un nom. Du reste ce
dernier éclate d’un rire franc et leur dit :

Ai-je tant changé que vous ne me reconnaissez pas ? Je suis le petit fils à Antoinette et Léon.

Marion se lève et se jette dans ses bras.

Cela fait 8 ans que l’on ne s’est pas vu, c’est la dernière année ou je suis venue, mais Jack pour toi cela date de l’enterrement de Grand-Mère.

Jack est tellement heureux de retrouver ici son copain d’antan, oui il a changé mais comme lui, ils ont quelques années de
plus mais quand il le revoit tout lui revient en mémoire, leurs jeux et la tartine de confiture de leurs grand-mères respectives. Quant à son grand-père Léon, c’était le frère de lait de Bonne
Maman Marie, ils avaient été sauvés par la »Mamé «  une mère nourricière. Tony parle de son grand-père, qui avait tant regretté de ne pas avoir embrassé sa grande sœur de lait,
surtout après avoir appris sa mort. Il l’avait suivis de six mois, comme si lui aussi avait regretté d’avoir quitté sa maison et ses montagnes.

Après avoir échangés tous leurs souvenirs d’enfance, Tony leur demande ce qu’ils font ici. Marion lui expose la situation
et le désir qu’ils ont tous les deux de réhabiliter le village de leur enfance, il est à son tour enthousiasmé, surtout que lui n’a pas quitté ses chères montagnes, il est guide de Haute
montagne, du reste il rentre d’une course avec un client et il lui avait parlé de ce village abandonné et il semblait intéressé. Tout en discutant ils voient arriver le randonneur. Il présente
ses amis et brièvement lui dit ce qu’ils ont envie de faire, ce dernier trouve cela formidable et leur laisse une adresse sur Paris et veut bien donner un coup de main, il a une entreprise de
travaux publics. Tony et son client quittent le village après en avoir fait le tour ainsi que Marion et son cousin ; mais eux deux vont au petit cimetière s’incliner sur la tombe de leurs
grands-parents et redescendent dans la vallée

Tous les deux trouvent triste d’avoir vu quelques  maisons effondrées, ils se souviennent des cris des enfants quand
ils venaient les deux mois d’été chez leurs grands-parents. Tous deux se disent que la tache va être immense, il va falloir se retrousser les manches. Marion a une idée et décide de faire une
grande réunion de famille pour que tous les cousins et cousines se retrouvent en aout comme autrefois et voient tous ensemble de quelles manières ils peuvent s’investir. Jack trouve son idée
forte intéressante et il décide d’envoyer les invitations. Ils se répartissent la bande de cousins et cousines, ceux qui sont mariés avec enfants viendront-ils, ils l’ignorent, mais ils vont leur
faire comprendre que si leurs conjoints ne peuvent venir qu’au moins les cousins en ligne directe viennent, c’est important. Et tous les deux décident de ne pas leur dévoiler la raison exacte
comme cela la surprise peut jouer en leur faveur.

 

Lorsque Marion reprend son TGV, elle est un peu chamboulée d’avoir retrouvé Tony c’était son amour d’enfance, ils ne se
sont pas vu depuis le 30 aout 2000 et le revoir devant la maison de sa grand-mère c’est fort étrange, car c’est là qu’elle l’avait quitté. Comme il est devenu beau, il a le visage buriné comme
tous les alpinistes et il est égal à lui-même. Elle a regardé si il avait un anneau à sa main, elle n’a rien vu, elle l’espère que lui n’a pas sentis son regard, comme elle serait gênée, même si
ils s’étaient promis de se retrouver. Cela ne s’était jamais fait, ils s’étaient revu mais elle traînait à l’époque avec son écologiste et lui trainait avec sa cousine Maud, puis Maud l’avait
laissé puisque l’été dernier elle avait épousé un parisien. Marion avait été plaqué par son utopiste et depuis était seule, son travail auprès des enfants handicapés la prenaient totalement et
elle n’avait pas songé au mariage, mais là d’avoir retrouvé Tony, elle était fort songeuse. Dans sa poche son téléphone vibre, elle regarde qui lui téléphone, c’est sa maman. Elles échangent des
nouvelles, Marion ne lui parle pas de sa rencontre avec Tony, elle ne veut pas affoler sa mère, et puis elle lui rappellerait cette histoire vieille de plus de vingt ans qui avait brisé sa
 vie. Pourvu que Jack ne le dise pas à ses parents, ils devaient se rendre chez eux sur la côte. Doit-elle l’appeler et lui dire de ne pas en faire allusion, mais alors il lui faudrait lui
faire cette révélation, et elle ignore s’il est au courant, Maud et Marion n’étant que ses cousines et sa sœur Manon n’a jamais succombé au charme de Tony.  Mais Jack, lui non plus ne s’est
jamais marié et Marion l’avait  souvent vu avec Sandra la petite sœur de Tony. Et, à ce moment, elle comprend pourquoi il lui a dit qu’il ne se marierait jamais, ne pouvant épouser la femme
qu’il aimait. 

Alors Marion comprend que Jack a eu aussi cette révélation, et elle fond en larmes…..

 

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